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Le modernisme
Par Anne Fauré : Doctorante - Université Paul Valéry Montpellier 3
Publié par Clifford Armion le 11/08/2007
Nouvelle manière de penser l'art, en rupture avec le réalisme du XIXème siècle, le modernisme est le produit d'un monde caractérisé par des bouleversements socio-économiques, politiques, philosophiques et technologiques. Anne Fauré nous présente ici la littérature moderniste, littérature de crise et de mise en crise.

Le modernisme est un courant littéraire et artistique qui atteint son apogée dans les premières décennies du XXème siècle. Il est caractérisé par son aspect international, mais aussi interdisciplinaire, puisqu'il touche tant les différents genres littéraires (roman, nouvelle, poésie, théâtre) que les arts visuels, de la peinture à la sculpture, ou encore l'architecture et la musique. Il peut être défini par une grande innovation et expérimentation formelles, qui traduisent une nouvelle manière de penser l'art, en rupture avec le réalisme du XIXème siècle. Cette nouvelle conception de l'art et de son rapport au réel est liée à une nouvelle représentation du monde, elle-même indissociable de l'expérience de la modernité. Le modernisme est le produit d'un monde caractérisé par un bouleversement socio-économique, politique, philosophique et technologique. Ce bouleversement est indissociable du traumatisme de la Première Guerre mondiale, dans le sillage duquel les fondements mêmes de la société sont à repenser. Le modernisme n'est pas tant de l'ordre du changement que de celui de la crise. La littérature moderniste est une littérature de crise et de mise en crise, qui n'a de cesse de bouleverser les modes de pensée et de représentation du réel et de mettre en crise le langage.

Si l'on peut affirmer que le modernisme est un courant international et interdisciplinaire, il n'est pas pour autant un mouvement unifié. Au contraire, le modernisme est varié, hétérogène, voire contradictoirehétérogénéité et contradictions que le terme de modernisme, de par l'homogénéisation qu'il suscite inévitablement, tend à gommer. Il regroupe, en effet, une multitude de mouvements littéraires et artistiques avant-gardistes, parmi lesquels le post-impressionnisme, le cubisme, le dadaïsme, le surréalisme, le futurisme, le vorticisme, l'imagisme et l'expressionnisme. Ainsi, dans leur introduction à l'anthologie intitulée Modernism: An Anthology of Sources and Documents , les auteurs, Vassiliki Kolocotroni, Jane Goldman et Olga Taxidou affirment: «Modernism is not a movement. It is a term that masks conflict and upheaval and any number of contradictory positions.» (Kolocotroni, 1998, p. xvii). On ne peut donc pas parler d'un seul modernisme, au singulier. Depuis les années 1960, la critique parle de modernismes, au pluriel. Un nombre grandissant de critiques mettent en avant des auteurs exclus du canon moderniste, jusqu'alors composé de quelques «high modernists», à savoir James Joyce, Virginia Woolf, D.H. Lawrence, Ezra Pound et T.S. Eliot. A l'exception de Virginia Woolf, ce canon était exclusivement masculin. L'apport de la critique féministe notamment a permis depuis de redécouvrir des œuvres dont l'importance et la force d'innovation avaient été minimisées, parmi lesquelles celles de Katherine Mansfield, Gertrude Stein, H.D. (Hilda Doolittle), Mina Loy, Dorothy Richardson, Rebecca West, Djuna Barnes, Marianne Moore, Charlotte Perkins Gilman, Charlotte Mew et May Sinclair.

12 Dans le même temps, qualifier ces ontologies de «scientistes» serait aller vite en besogne, et oublier l’objectif de ces élèves puis détracteurs du positivisme logique que seront en particulier Quine ou le Putnam des années 1970: ce dont il s’agit pour eux, c’est de commencer par dédramatiser les relations entre la métaphysique et les sciences, mettre l’option «réaliste» sous l’égide d’un «principe d’indispensabilité» pragmatique, et rendre l’ontologie «inoffensive» en l’enrégimentant dans la notation quantificationnelle adéquate. Rejeter aussi les dualismes inopérants (analytique et synthétique), envisager qu’il puisse y avoir du nécessaire a posteriori et du contingent a priori ; opérer bientôt une révision de nos modèles de l’explication (le modèle D-N); remettre en cause les clivages entre explication et compréhension, sciences de l’esprit et sciences de la nature. Si l’on affirme que la philosophie n’est que la continuation de la science par d’autres moyens, et que les seuls doutes théoriques sont les doutes scientifiques (pour reprendre le mot de Quine), c’est aussi pour rappeler, simultanément, les limites du scientisme, lequel est contraire, précisément, à l’esprit comme à la réalité de la science et de l’attitude scientifique proprement dites.

13 Car le concept de «science» lui-même, on l’oublie trop souvent, a changé; et celui de «connaissance», du reste, aussi. On est loin du concept «impérial» (encore présent chez Kant) de système achevé, apodictique, universel et nécessaire, loin encore de l’absoluité de certains concepts (espace, temps, être), Depuis un certain temps déjà, l’accent est plutôt mis sur la nature probabiliste des lois, de la matière, de la causalité. Connaissance rime moins avec certitude ou vérification qu’avec approximation, méthode par essais et erreurs, conjectures, falsification et faillibilisme, rendant d’ailleurs constante la menace sceptique et faisant peser sur l’ontologie, celle de la relativité. Ce qui est définitionnel de la «science» –ne cessait de rappeler l’immense Charles Sanders Peirce dont on célèbre cette année le centenaire de la mort–, c’est d’être, bien plus qu’un corps de connaissance ou une doctrine, une activité de découverte, une poursuite de savoir plutôt qu’un savoir, en un mot une enquête () qui, au demeurant, exige du chercheur un certain nombre de vertus bien particulières 23 . Aussi évoquais-je d’emblée les liens entre science, connaissance et éthique. Qu’est-ce qui interdirait, en effet, de concevoir sur le modèle de l’enquête, et non plus tant sur celui de la croyance vraie justifiée ou de l’épistémologie des vertus, la connaissance en général, jusques et y compris donc, comme je l’ai suggéré, la connaissance 24 ? Or le but d’une enquête, système socratique de questions et de réponses, de doutes et de croyances, est de fixer ces dernières, non de fournir une vérité absolue et définitive 25 .

14 De même, en métaphysique, dogmes et systèmes ne sont guère plus de mise. Quel métaphysicien contemporain serait encore obnubilé par la recherche de vérités éternelles, universelles et de surplomb? On cherche moins à proposer un qu’à mettre en évidence, pour parler comme Johann Friedrich Herbart, les «points principaux 26 » de ce en quoi devrait pouvoir consister une métaphysique digne de ce nom, et, de plus en plus, à comprendre la relation qui est la nôtre avec le réel –ce que l’on ne peut faire qu’en partant de l’endroit où l’on est, et non pas de «nulle part» (Thomas Nagel, Hilary Putnam).

15 Voilà qui devrait déjà nous permettre de dégager certains enjeux. De telles évolutions conceptuelles bien réelles donnent en effet au scientifique comme au métaphysicien de nouvelles obligations: au métaphysicien, tout d’abord, celle de mieux définir les relations entre la connaissance dont il peut se prévaloir et celle qui caractérise les autres domaines du savoir. Quiconque cherche à déterminer en quoi peut consister une ou une métaphysique (ce que je tiendrai désormais pour deux appellations interchangeables, je vais m’en expliquer) devra donc s’interroger, par exemple sur le type de croyances, de «vérités», de justifications auquel nous avons éventuellement affaire en métaphysique. S’agit-il de croyances dont la vérité dériverait du sens commun? De vérités scientifiquement établies, partant, contraires à «l’image manifeste» que nous renvoie le monde? Ou bien de croyances d’un tout autre ordre? Dans un cas comme dans l’autre, quelles raisons, quelles justifications avons-nous d’entretenir ces croyances, de privilégier telle ou telle conception de la vérité, de juger la connaissance des choses qu’elle nous livre concevable seulement, ou possible, voire nécessaire 27 ?

16 C’est bien, en tout cas, l’ancien élève de Reichenbach, Hilary Putnam, qui nous aura ici montré le chemin, en soulignant successivement que la frontière est ténue entre sciences empiriques et sciences censées ne pas l’être (entendons, la logique et les mathématiques); qu’il nous faut rejeter la dichotomie positiviste entre termes observationnels et termes théoriques; nuancer, voire refuser la distinction entre fait et valeur; revoir, en particulier, notre modèle scientiste de l’esprit mis en place par les jeunes sciences (des théories de l’identité du mental et du physique aux modèles fonctionnalistes dont il fut pourtant l’un des promoteurs), et cesser de réduire laà celle en vigueur dans les sciences, au premier rang desquelles la physique; revenir enfin sur l’image que nous nous faisons de «la» science, sur les supposées démarcation (science/non science) et suprématie de la science par rapport à d’autres formes de savoir, en revendiquant des formes de non scientifiques (par exemple philosophique) 28 .

17 Autour des années 1980 semble d’ailleurs régner un véritable(pour reprendre le terme de Ned Block) dont on ne prend pas toujours la mesure. Les métaphysiciens physicalistes eux-mêmes (tel Frank Jackson) sont les premiers à s’inquiéter des problèmes que pose, par exemple, la multi-réalisabilité (la possibilité pour des propriété mentales –désirs, croyances, douleurs– d’avoir des réalisations physiques [neuronales] multiples), ou de la résolution du «dilemme du physicaliste», conséquence de l’impossible : comment penser simultanément la nécessaire clôture (et donc manquer la singularité du mental) et la tout aussi nécessaire (mais en faisant perdre alors à celui-ci sa puissance causale) 29 ?

18 Sont donc exagérées les accusations que portent certains à l’endroit des métaphysiciens «en redingote» qui auraient, selon eux, perdu tout esprit empiriste et s’imagineraient pouvoir décrire, voire expliquer, sur la base d’intuitions «en fauteuil», les concepts de substance, d’universaux, de temps, d’identité, de propriétés, sans se soucier des découvertes scientifiques Chaussures De Sport Kangourous Faible Noir LFJk9l4f
. Tenir compte de la science, qui n’en serait aujourd’hui convaincu? Mais cela implique-t-il de se laisser mener par elle? Que la théorie de la relativité restreinte la métaphysique du temps? La physique quantique, celle de la substance? La chimie ou la biologie évolutionniste, celle des espèces naturelles?

19 Ce serait oublier, tout d’abord, qu’en proposant et en testant leurs théories, les scientifiques font tous, , des postulats qui vont bien au delà de ce à quoi les autorise la science. Pas plus que d’autres, ils ne peuvent donc s’exempter de cette étape critique et thérapeutique qui constitue la première phase d’une entreprise métaphysique digne de ce nom. À cet égard, des auteurs comme Peirce, Wittgenstein et les positivistes logiques ne font que reprendre les mises en garde aristotéliciennes, répétées par les médiévaux et les classiques (en particulier Locke, Berkeley et Leibniz). S’il n’y avait pas d’autre substance que celles qui sont constituées par la nature, la Physique serait science première, soulignait Aristote. Mais voilà. Contrairement à ce que pensera Averroès, on ne saurait réduire la métaphysique à la seule physique. La recherche physique des éléments ne doit pas faire oublier que la recherche sur l’être est d’abord une recherche sur les de l’être 31 . Ce pourquoi toute enquête métaphysique exige de partir du cadre formel de l’analyse, qui seul permet de dégager les conditions de possibilité, en termes de conditions de vérité et de signification, des concepts (et non des seuls ) que nous utilisons, et d’effectuer les distinctions modales cruciales qui s’imposent, comme j’ai eu l’occasion de le souligner à maintes reprises 32 .

20 Si connaissance métaphysique il doit y avoir, en tout cas, elle sera publique et devra donc passer par le biais du langage (et sans doute même plutôt par celui du langage formel , si du moins elle veut pouvoir porter sur des choses et des propriétés et pas seulement sur des prédicats), s’entendre comme une construction rationnelle , et rester en contact avec les sciences empiriques (comme le dira Carnap, qui cherchera lui-même dans l’ Aufbau à réaliser, grâce à ces «outils» ou «auxiliaires» indispensables pour les sciences du réel que sont les énoncés de la logique, la synthèse de l’ancien empirisme et de l’ancien rationalisme).